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Comment savoir où va l'argent de son entreprise ?
Votre entreprise encaisse de l'argent tous les jours. Mais si je vous demandais aujourd'hui : « où sont passés vos 500 000 derniers francs ? », pourriez-vous répondre précisément ? Pas « j'ai acheté des marchandises, payé des choses ». Précisément. Si vous ne pouvez pas, vous avez un problème de visibilité financière, et ce que vous ne mesurez pas devient très difficile à contrôler.
Votre argent ne disparaît pas, il passe par des endroits différents. Le premier travail n'est pas de dépenser moins, c'est de rendre chaque sortie visible et de lui donner une destination claire.
1. « Je ne sais pas où va mon argent »
Cette phrase ne veut pas dire « je dépense énormément ». Elle veut souvent dire : je ne sais pas combien je dépense en marchandises, combien personnellement, combien en transport, combien mes clients me doivent, combien j'ai vraiment en caisse, si mon commerce est rentable. Il manque une carte de circulation de l'argent. Sans elle, on navigue à vue.
2. Votre argent passe par des endroits différents
Vous encaissez 1 000 000 FCFA. Ces francs se répartissent :
L'argent n'a pas disparu, il a changé de destination. Le problème commence quand vous êtes incapable de reconstituer cette histoire.
3. Chaque mouvement doit avoir une destination
Imaginez votre caisse comme un réservoir : l'argent entre, l'argent sort. Si vous ne notez pas les sorties, vous constatez une baisse sans savoir pourquoi. Beaucoup de commerces connaissent leurs ventes mais pas assez leurs sorties. Pour comprendre votre trésorerie, il faut regarder les deux côtés : entrées et sorties.
4. Commencez par le journal de caisse
Vous commencez la journée avec 200 000 FCFA. Ventes : +50 000, +80 000, +30 000, soit 160 000 encaissés. La caisse devrait être à 360 000 FCFA. Puis transport −10 000, emballages −5 000, retrait personnel −20 000 : caisse réelle attendue 325 000 FCFA. Si vous comptez 275 000, il manque 50 000 FCFA. C'est le moment où un vrai contrôle commence.
5. Le rapprochement de caisse : votre premier détecteur de fuite
Dans l'exemple, 325 000 − 275 000 = 50 000 FCFA d'écart. Cela ne veut pas dire vol : dépense oubliée, erreur de saisie, mauvais rendu de monnaie, vente non enregistrée, ou détournement. Mais vous êtes passé de « je sens qu'il manque de l'argent » à « il y a 50 000 FCFA d'écart à expliquer ». C'est déjà énorme.
6. Pourquoi les petites dépenses sont difficiles à détecter
Une dépense de 500 000 FCFA laisse une trace mentale. Mais 3 000, 5 000, 2 000, 7 000, 4 000, 8 000 FCFA s'oublient. À seulement 5 000 FCFA par jour : 150 000 FCFA par mois, 1 800 000 FCFA par an, sans qu'aucune dépense ne paraisse importante. La question n'est donc pas seulement « quelle est ma plus grosse dépense ? » mais « quelles dépenses reviennent assez souvent pour devenir importantes ? »
7. Classez vos dépenses au lieu de les mélanger
« Dépense : 20 000 FCFA » ne s'analyse pas. Attribuez une catégorie à chaque sortie : stock, personnel, fonctionnement (loyer, électricité, internet), transport, fournisseurs, fiscalité, prélèvements personnels, investissement, autres. Vous passez alors de « j'ai dépensé 700 000 FCFA » à « 700 000 FCFA, dont 350 000 en stock, 150 000 en fournisseurs, 80 000 en transport, 70 000 en fonctionnement, 50 000 en retraits. » Là, vous comprenez votre entreprise.
8. Votre première carte des sorties
| Catégorie | Montant |
|---|---|
| Marchandises | 900 000 FCFA |
| Fournisseurs | 350 000 FCFA |
| Salaires | 250 000 FCFA |
| Transport | 180 000 FCFA |
| Loyer et charges | 150 000 FCFA |
| Retraits personnels | 120 000 FCFA |
| Divers | 50 000 FCFA |
| Total | 2 000 000 FCFA |
Avant : « j'ai beaucoup dépensé ce mois-ci. » Après : « 62,5 % de mes sorties concernent marchandises et fournisseurs. » Vous savez où regarder.
9. Une sortie d'argent n'est pas toujours une perte
Vous dépensez 500 000 FCFA en marchandises : l'argent sort, mais l'entreprise reçoit 500 000 FCFA de stock. Ce n'est pas la même chose qu'une dépense consommée immédiatement. Distinguez : argent consommé (il quitte l'activité), argent transformé (il devient un actif), argent avancé (il doit revenir). Cette distinction évite les mauvaises conclusions.
10. Le stock devient important
Vous avez acheté 2 000 000 FCFA de marchandises. « J'ai dépensé 2 millions. » Mais où sont-ils ? Peut-être encore dans votre magasin. Regardez deux choses en même temps : flux d'argent et stock physique. Si la caisse baisse de 2 M et le stock augmente de 2 M, l'argent n'est pas perdu, il est converti. Si la caisse baisse de 2 M mais le stock n'augmente que de 1,4 M, il faut comprendre l'écart.
11. L'expérience des « 100 000 FCFA »
Prenez vos 100 000 derniers francs encaissés et racontez leur histoire : 30 000 marchandises, 20 000 fournisseur, 10 000 transport, 10 000 fonctionnement, 5 000 retrait, 25 000 restant. Si vous ne pouvez pas le faire pour 100 000 FCFA, imaginez pour 5 millions. Cet exercice mesure votre niveau de visibilité.
12. Séparez les trois sources d'argent
Si vous ne regardez que la caisse, vous croyez n'avoir que 150 000 FCFA. Si vous mélangez argent personnel et professionnel, vous croyez en avoir plus qu'en réalité.
13. Le piège des transferts entre vos comptes
Vous transférez 100 000 FCFA de la banque vers le Mobile Money : la banque baisse de 100 000, le Mobile Money monte de 100 000. Votre argent total n'a pas augmenté, il a changé de place. Une bonne gestion regarde la position globale, pas chaque compte isolément.
14. Le mélange argent personnel et professionnel
Vous avez 500 000 FCFA sur un compte, mais 350 000 appartiennent au commerce, 100 000 à une dépense personnelle, 50 000 à autre chose. Si vous considérez les 500 000 comme disponibles pour le business, vous décidez mal. La séparation répond à : « combien mon entreprise peut-elle réellement utiliser ? »
15. Le test des 30 jours
Pour chaque mouvement des 30 derniers jours, notez date, type, catégorie, montant, moyen, motif :
| Date | Type | Catégorie | Montant | Moyen |
|---|---|---|---|---|
| 01/09 | Entrée | Vente | +50 000 | Caisse |
| 01/09 | Sortie | Stock | −30 000 | Banque |
| 02/09 | Sortie | Transport | −5 000 | Caisse |
| 02/09 | Entrée | Vente | +80 000 | Mobile Money |
| 03/09 | Sortie | Personnel | −20 000 | Caisse |
À la fin, vous filtrez : combien en stock, en transport, en retraits, en fournisseurs. Vous passez d'une vision floue à une vision structurée.
16. Ne regardez plus seulement les montants, regardez les fréquences
Transport : 15 sorties. Divers : 27 sorties. Stock : 4 sorties. Retraits : 18 sorties. Une catégorie peut avoir un total raisonnable mais une fréquence élevée, qui révèle un mauvais processus, des achats mal planifiés, des retraits excessifs. Le nombre de transactions est lui-même une information.
17. Cherchez les dépenses « invisibles »
Certaines sorties ne sont pas enregistrées comme des dépenses : marchandise donnée (sortie de stock), produit cassé ou périmé (perte), remise accordée (baisse de marge), retrait du propriétaire, avance à un employé, crédit accordé au client. Si elles ne sont pas visibles, « les chiffres ne correspondent jamais ».
18. Suivez quatre choses séparément
- Ce qui est vendu : chiffre d'affaires.
- Ce qui est encaissé : cash réellement reçu.
- Ce qui est dépensé : sorties de trésorerie.
- Ce qui reste : trésorerie disponible.
Ces quatre chiffres peuvent être très différents, et c'est normal. Le problème commence quand vous ne savez pas pourquoi.
19. Vendre 3 millions et encaisser moins
3 000 000 FCFA de ventes, dont 500 000 à crédit : encaissement immédiat 2 500 000 FCFA. Si vous comparez directement 3 millions de ventes aux sorties de trésorerie, l'analyse est faussée. Demandez toujours : « cette vente a-t-elle produit un encaissement ? »
20. Encaisser 3 millions sans avoir gagné 3 millions
Vous encaissez 3 000 000 FCFA, mais les marchandises vous ont coûté 2 100 000 FCFA : il reste 900 000 FCFA avant les autres charges. Les 3 millions ne sont pas de l'argent libre.
21. Identifiez vos cinq plus grosses destinations d'argent
Ne vous arrêtez pas au classement. Demandez : « chaque sortie produit-elle assez de valeur pour justifier l'argent qu'elle consomme ? » C'est là qu'on passe du suivi à la gestion.
22. Exemple : votre transport coûte 400 000 FCFA
400 000 FCFA peuvent sembler beaucoup. Mais si ces transports génèrent 5 millions de ventes, la dépense s'analyse en fonction de la valeur créée. À l'inverse, 400 000 FCFA de transport pour une faible activité doivent être questionnés. Le but n'est pas de réduire toutes les dépenses, c'est de les comprendre.
23. Dépense nécessaire, utile ou évitable
Pour chaque catégorie, trois questions : est-elle nécessaire (sans elle, l'activité fonctionne-t-elle ?), utile (améliore-t-elle vraiment ventes, qualité, efficacité ?), évitable (peut-elle être réduite ou mieux planifiée ?). Bien plus intelligent que « il faut réduire les dépenses ».
24. Cinq questions à chaque sortie d'argent
Pourquoi ? Pour quoi ? Combien ? Quand ? Était-ce prévu ? Ces cinq questions transforment déjà votre niveau de contrôle.
25. La limite du suivi classique
Vous pouvez avoir un excellent historique : combien dépensé, où, combien vendu, encaissé. Mais une question reste : « que va-t-il se passer maintenant ? » Beaucoup de systèmes s'arrêtent là. Ils racontent le passé. Votre prochaine décision concerne le futur.
26. Ajoutez le futur
Vous avez 800 000 FCFA aujourd'hui. Demain : fournisseur −200 000, salaire −150 000, loyer −100 000. Dans trois jours : encaissement client +300 000. Dans cinq jours : achat stock −250 000. L'historique ne donne pas la réponse. Il faut une projection.
27. Votre première projection
800 000 + 300 000 − 700 000 = 400 000 FCFA. Mais ne regardez pas que le résultat final : jour par jour, le solde peut descendre à 150 000 avant de remonter. C'est ce point bas qui doit attirer votre attention.
28. Vous voulez acheter 300 000 FCFA de marchandises
Vous avez 800 000 FCFA, vous vous dites « j'ai assez ». Mais votre projection indique 400 000 FCFA après vos mouvements futurs. Avec l'achat : 400 000 − 300 000 = 100 000 FCFA. L'achat est possible, mais votre marge de sécurité devient faible. Vous avez une information de plus pour décider.
29. Suivre son argent ou piloter son argent
Suivre : « où est passé mon argent ? » Piloter : « où va mon argent, et où sera-t-il après mes prochaines décisions ? » Le premier aide à comprendre, le second à agir. Une entreprise a besoin des deux.
30. Le système simple à mettre en place
- Argent disponible : caisse + banque + Mobile Money professionnel.
- Argent attendu : clients + ventes certaines.
- Argent engagé : fournisseurs + salaires + charges.
- Argent envisagé : achats futurs + investissements.
Puis : « si je réalise tous les mouvements engagés et envisagés, combien me restera-t-il ? »
31. Le diagnostic rapide de votre entreprise
Niveau 1 : vous connaissez votre solde. Niveau 2 : vos entrées et sorties. Niveau 3 : vos catégories de dépenses. Niveau 4 : votre stock, vos créances, vos dettes. Niveau 5 : vous projetez votre trésorerie. Niveau 6 : vous simulez vos décisions avant de les prendre. C'est là que commence le vrai pilotage.
32. Voir votre entreprise comme un système
Chaque décision déplace de l'argent : acheter (+ stock, − liquidité), vendre (+ revenu), encaisser (+ liquidité), accorder un crédit (+ créance, − liquidité immédiate), payer un fournisseur (− liquidité), retirer de l'argent (− liquidité). Avant chaque décision importante, demandez son impact sur la trésorerie.
- Une sortie, une saisie. Dans Caisse, chaque dépense a une catégorie : vous filtrez ensuite par stock, transport, retraits.
- Rapprochez la caisse. Kora calcule le solde théorique ; vous comparez au comptage réel et repérez l'écart tout de suite.
- Séparez vos comptes. Caisse, banque et Mobile Money sont suivis à part, sans double compte pour les transferts.
- Voyez la trajectoire. Le Tableau de bord montre ce qui est entré, sorti, et ce qui reste réellement.
Conclusion : votre argent ne doit plus être une énigme
Si vous finissez le mois en vous demandant où est passé l'argent, ne cherchez pas d'abord à vendre plus. Reconstruisez son parcours : combien est entré, sorti, pourquoi, combien est immobilisé dans le stock, chez les clients, ce que vous devez encore, ce qui est vraiment disponible. Puis allez plus loin : « que va devenir cet argent dans les 7 prochains jours ? » Un entrepreneur qui connaît son solde connaît sa situation. Celui qui connaît ses mouvements et l'impact de ses décisions peut vraiment piloter.
Ne cherchez plus où est passé votre argent
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